Les Réseaux de surveillance sismique dans les Pyrénées

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Le Réseau de Surveillance Sismique des Pyrénées

Pourquoi cette surveillance ?

Les Pyrénées sont l'une des régions de France métropolitaine où le risque sismique est le plus important. En particulier la Bigorre et la région Béarn-Soule sont le siège d'une activité sismique intense, qui s'est historiquement traduite par des tremblements de terre destructeurs (par exemple celui de 1660, qui a ravagé la ville de Bagnères-de-Bigorre, ou, plus près de nous, ceux d'Arette, 1967, et d'Arudy, 1980). La zone frontalière de la Catalogne a également connu des séismes meurtriers en 1427-1428.



Quelques 200 séismes d'une magnitude supérieure à 2 se produisent chaque année dans les Pyrénées. Au moins une trentaine sont ressentis localement. Cette sismicité tant historique que récente justifie amplement la surveillance actuelle.

Contexte tectonique

Cette activité sismique est due à la confrontation entre deux plaques tectoniques : la petite plaque Ibérie (qui coïncide grosso-modo, pour sa partie émergée, avec la péninsule ibérique), et l'immense plaque Eurasie. Cette confrontation a commencé vers le milieu du Crétacé, il y a environ 100 millions d'années, par un épisode d'extension où les deux plaques s'éloignaient l'une de l'autre. Le mouvement s'est ensuite inversé, et les deux plaques se sont rapprochées en un épisode compressif, à partir de la fin du Crétacé (-65 Ma), qui les a vu entrer en collision. C'est lors de cette collision que se sont formées les Pyrénées (ou plutôt reformées, après l'orogène hercynien et l'érosion subséquente), qui forment donc une frontière active entre ces deux plaques. La suture se situe plus précisément au niveau de la Faille Nord-Pyrénéenne, que l'on peut suivre du Pays Basque à la Méditerranée. C'est d'ailleurs aux environs de la Faille Nord-Pyrénéenne que la sismicité est le plus concentrée, du Pays Basque à la Bigorre. Plus à l'est, elle devient diffuse, avec quelques essaims dans les régions de la Maladetta, des Pyrénées-Orientales, et du nord de la Catalogne.

Les moyens de la surveillance : historique du RSSP

La surveillance sismique des Pyrénées françaises a commencé relativement tard : 1960, avec jusqu'en 1978 seulement une ou deux stations d'enregistrement isolées pour l'ensemble de la chaîne.


En 1978, l'Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) a déployé un réseau d'une dizaine de stations réparties dans les environs d'Arette (Pyrénées- Atlantiques) afin d'étudier la sismicité de cette région, affectée par le séisme destructeur de 1967 (de magnitude 5.3). Ces stations transmettaient leurs enregistrements en continu par radio sur le site central d'Arette, d'où ils pouvaient être rapatriés par téléphone vers les laboratoires de recherche de Paris, Strasbourg ou Toulouse. Ce réseau, à la technologie aujourd'hui dépassée, est passé sous le contrôle direct de l'Observatoire Midi-Pyrénées en 1995, et a été arrêté en 1998.

A partir de 1988, l'Observatoire Midi-Pyrénées a pris en charge la surveillance sismique de la partie orientale des Pyrénées françaises. Le réseau Est-pyrénéen a compté jusqu'à dix stations, dont la transmission des données vers Toulouse se faisait via le satellite géostationnaire Météosat. De l'autre côté de la frontière, le Service Géologique de Catalogne couvrait simultanément le territoire catalan d'une dizaine de stations, dont 5 à transmission Météosat, ce qui rendait aisés les échanges de données et la collaboration entre les deux organismes.

Dès 1994 a commencé une réflexion au sujet de l'avenir de la surveillance sismique des Pyrénées françaises. Il en est ressorti la nécessité impérative de remanier en profondeur les méthodes d'acquisition et de transmission des données, du fait de l'apparition de nouvelles techniques plus efficaces et plus rentables, ainsi que de la perte progressive du savoir-faire nécessaire au maintien d'instrumentation déjà dépassée. Il a donc été décidé de regrouper l'essentiel de la surveillance sismique sous la bannière de l'OMP, et de redéployer un réseau cohérent et performant. Ce réseau, mis en place entre 1996 et 2001, comportait 20 stations très homogènes, équipées de capteurs courte-période à trois composantes, enregistrant sur seuil de déclenchement, et transmettant les données aux sites centraux (OMP et RéNaSS) par téléphone (filaire et GSM).

Depuis fin 2006, une nouvelle génération de stations fait à son tour son apparition. Plus performantes, équipées de capteurs à large bande passante, capables d'enregistrer en continu et de transmettre leurs données en temps réel par Internet, elles remplacent peu à peu les stations téléphoniques.

Etat actuel du RSSP (automne 2015) et évolutions en cours

La composition du réseau est la suivante :

Le principe de fonctionnement d'une station sismologique est décrit ici.

Les évolutions prévues dans le cadre du projet RESIF : toutes les stations de seconde génération seront modifiées (enregistrement large-bande en continu), et une quinzaine de nouvelles stations seront créées.

En 2018, l'Observatoire Midi-Pyrénées aura à sa charge la maintenance d'une quarantaine de stations réparties sur le sud-ouest de la France, et non plus simplement sur les Pyrénées.

Les autres acteurs de la surveillance sismique dans les Pyrénées

Trois autres organismes sont fortement impliqués dans la surveillance sismique des Pyrénées grâce à des réseaux de stations : l'Institut Geològic de Catalunya (IGC, Barcelone), le Laboratoire de Détection et de Géophysique du CEA (CEA/DASE/LDG, Bruyères-le-Châtel), et l'Instituto Geográfico Nacional (IGN, Madrid).

Le Réseau Accélérométrique Permanent (RAP, Grenoble) dispose également d'une vingtaine de stations dédiées à l'étude des mouvements forts, équipées d'accéléromètres (qui sont des capteurs moins sensibles que ceux utilisés dans les stations de surveillance sismique proprement dite). La moitié de ces stations est placée sous la responsabilité opérationnelle de l'OMP.

Stations/Enregistrements

En vertu de la répartition des tâches décidée dans le cadre du projet RESIF, les enregistrements réalisés par les stations du RSSP sont accessibles dans leur intégralité sur les sites du RéNaSS et de l'Observatoire de la Côte d'Azur